La seule vraie liberté est celle du fou; elle ne tient compte ni du temps, ni de l'espace, ni du contexte. Toute autre liberté est contractuelle, contextuelle et relative.
-
Cette histoire concerne deux dames (lesbiennes) qui se sont mariées au Vermont, leur État de résidence. Le couple composé d'une jeune ...
-
Il m'est arrivé de constater que pour l’établissement de certains dossiers en Côte d'Ivoire, certains services s'arrogent de ...
-
Les entraîneurs appelés "sorciers blancs" ne sont pas plus performants que les locaux. Eh pourtant, pourquoi les fédérations Afric...
Fonds Régional d’Aménagement Rural
FRAR ! Ce sont quatre lettres qui ont une signification importante pour une tranche de la population : celle qui a connu le régime du Président Félix Houphouët Boigny. Hélas, mille fois hélas, ce précieux outil qu’incarnent ces 4 lettres a disparu, classé dans les oubliettes de l’histoire.
Je n’ai malheureusement pas assez d’informations pour présenter l’origine de ce programme de l’État de Côte d’Ivoire qui ambitionnait d’améliorer les conditions de vie des personnes vivant en zone rurale.
C’est quoi le Fonds Régional d’Aménagement Rural (FRAR) ?
C’est une ligne budgétaire de l’État, gérée par le Ministère du Plan. Les fonds qui y sont logés sont mis à la disposition des zones rurales pour la construction d’infrastructures socio-économiques. Ils viennent en aide aux populations locales. Pour y accéder, toute communauté rurale devait faire une demande pour la réalisation d’une structure devant servir toute la collectivité. La structure technique l’analyse et une commission fait le choix en tenant compte des moyens disponibles, de la viabilité et de l’utilité du projet. Le financement de tout projet retenu comportait deux volets :
- Les fonds alloués par l’État
- La contribution des populations locales
La clé de répartition variait selon les régions. La part des populations était plus élevée dans les zones forestières que dans celles des savanes. L’État estimait que les populations vivant dans les zones forestières (en fait le sud) avait plus d’activités génératrices de revenus que celles vivant plus au nord, dans les zones de savane.
La caractéristique principale et importante de ce programme est que ce sont les populations bénéficiaires du projet qui en font la demande. C’est-à-dire que ce sont elles qui déterminent leurs besoins. Il en résulte qu’elles s’impliquaient dans la mise en place de l’apport local et dans le suivi de la réalisation. Une partie de la contribution locale peut se faire par un apport en nature. Ainsi, il était fréquent que l’apport des populations se fassent par leur main d’oeuvre, les matériaux disponibles dans la zone (le plus souvent sable et graviers). Ce qui venait en réduction à leur contribution financière.
Les projets retenus ne sont pas des projets sortis de nulle part et imposés aux populations. Je pense que ce type de mise en place d’infrastructures est adapté aux réalités du monde rural parce qu’il oblige les bénéficiaires à participer aux financements, ce qui les amène non seulement à mieux apprécier le projet, mais surtout à s’y impliquer et à se l’approprier. Choisissant, en accord avec les responsables de gestion des fonds les opérateurs économiques chargés d’exécuter les projets, les risques de sur-facturation et de commissions sont réduits. Toutes les infrastructures de mon village (Bandakagni Sokoura, s/p de Sandégué dans la région de Goutogo) sont le fruit des projets FRAR :
- le centre de santé
- la maternité
- le marché
- le bureau de poste
- le foyer
C’est la nécessité de mobiliser les ressources locales qui a amené les membres de la diaspora à s’organiser en une mutuelle de développement en 1978.
Je me demande pourquoi ce mode de financement a été interrompu. Il serait bon que les autorités revisitent cette idée, quitte à l’adapter aux réalités d’aujourd’hui.
La question ethnique en Cote d'Ivoire
Je suis peiné par la situation politique de plus en plus nauséabonde à laquelle nos politiciens, que dirais-je nos pyromanes, sont en train de nous plonger. Que c'est pénible de voir leurs danses funestes ! Je suis plus même meurtri par ce que je lis et entends ici et là, surtout sur les réseaux sociaux, de la part de notre jeunesse. Il est clair que nous n'avons tiré aucune leçon de notre passé récent. Quel dommage ! Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut craindre une redescente aux enfers. Tant pis pour ceux qui aujourd'hui croient dur comme fer que leur tour est arrivé ! Tant-pis pour ceux qui pensent pouvoir prendre leur revanche ou jouer leur match retour ! Tant pis pour ceux qui pensent qu'ils sont indéboulonnables et invulnérables et peuvent tout se permettre ! Tant pis pour tous ceux et celles qui regardent ces irresponsables allumer le feu et se tiennent coi dans leur coin ! Le feu une fois allumé, sera attisé et consumera tout le monde, à commencer par nous tous qui regardons les pyromanes faire leurs sales boulots. Nous avons pu apprécier la gestion de chacune des tendances politico-tribalo-régionales. Honnêtement, ils sont les mêmes, seule la manière change. La mauvaise gouvernance, avec son lot de corruption, de népotisme et que sais-je encore, date du temps du premier président. Chacun de ses successeurs a simplement ajouté sa touche personnelle correspondant au tempérament de ses suiveurs. Aux jeunes, je leur demande de mieux connaître l'histoire récente de la Côte d'Ivoire plutôt que de se contenter d'écouter les litanies des mêmes voleurs et pilleurs.
Il y a une chose que je retiens de l'Afrique indépendante, c'est son incapacité à aborder la question ethnique et régionale, droit dans les yeux, dans toute sa laideur ou sa diversité, - c'est selon le regard – et imaginer une approche pragmatique pour l'absorber dans la gestion du pays plutôt de faire la politique de l'autruche. Evidemment cela demande qu'il y'ait un leadership conscient de son rôle historique, en tant qu'avant-garde de la marche du pays.Par curiosité, j'ai cherché à savoir comment ailleurs dans le monde, différents pays qui ont fait face à cette réalité, y ont répondu. Je suis tombé sur la Malaisie. La Malaisie est un des dragons d'Asie qui a su émerger pour sortir sa population de la pauvreté. C'est une ancienne colonie Britannique qui a accédé à la souveraineté en 1957. Elle est multi-ethnique et multi-confessionnelle. Sa population se répartit entre 3 grandes familles ethniques : les autochtones Malais, les Chinois et les Indiens. Les 2 dernières ont été amenés par les Britanniques pour suppléer la main d'œuvre qu'ils n'arrivaient pas à trouver sur place. Les Malais sont très majoritairement musulmans, les Chinois bouddhistes et les Indiens hindous. Il y a une minorité Chrétienne. Pendant les périodes qui ont précédé l’indépendance et durant les premières années, le pays a traversé des périodes de fortes violences ethniques. Les Chinois, favorisés durant la colonisation, n’appréciaient pas la nouvelle gestion qui leur était très défavorable, entrainant des heurts avec la majorité Malaise.
Les leaders ont eu l’intelligence d’affronter ces problèmes non pas en se barricadant derrière des principes, mais en regardant les réalités en face. Ainsi, dans le choix du système politique, ils ont opté pour une monarchie fédérale constitutionnelle pour tenir compte de leur histoire, avec un roi et un premier ministre, chef de l’exécutif. En effet, avant la colonisation, le territoire était composé de plusieurs royaumes. Les royaumes ont ainsi pu conserver leur autonomie. Les britanniques avaient crée 2 colonies sur la côte et ont obligé les rois à signer un accord de protectorat avec la couronne. Comme il n’y avait pas un roi central, la classe politique a eu l’ingénieuse idée de créer un royaume avec un roi élu par un collège électoral composé des rois (les sultans) et le premier ministre. Le roi doit provenir forcement de l’une des 9 familles royales régnantes.
L’exécutif assurant la gestion des affaires publiques, ils ont pu contenter les minorités Chinoises et Indiennes. Les partis politiques ont été créés à l’image des groupes ethniques. Ainsi, il y a un parti qui rassemble la majorité des Chinois, un les Indiens et un autre les Malais à côté de plusieurs autres petits partis disparates. Dès l’indépendance, les politiciens se sont mis d’accord pour mettre un cadre de gestion consensuelle en créant une alliance des 3 grands partis. Cette coalition (ce n’est pas un parti politique) a dirigé la Malaisie de 1957 jusqu’aux dernières élections tenues en Mai 2018.
Les minorités Chinoises et Indiennes ainsi que plusieurs Etats à forte majorité musulmane ont voulu avoir un droit de regard sur l’enseignement que l’État a voulu mettre en place, avec l’école primaire devenue obligatoire. Et là encore, la solution a été de laisser une large marge de manœuvre aux Etats et aux collectivités. Il y a une base obligatoire à tous : le Malais est langue d’enseignement, une progression consensuelle, des objectifs définis que tous doivent respecter. Ceci a permis aux Indiens et aux Chinois d’élaborer un programme scolaire qui intègre leurs cultures. De même, certains états et certaines communautés ont intégré une formation religieuse Islamique dans leurs programmes scolaires. Toute école peut intégrer l’apprentissage d’une langue dans son programme s’il y a un nombre de parents d’élèves qui le demandent. Le quota minimum pour être pris en compte a été défini par le gouvernement fédéral. Comme on le voit, il y a une volonté de part et d’autre de trouver une solution à la situation qui a été et qui continue d’être la leur. Et c’est ce qu’on attend d’un peuple et de ses dirigeants.
Peut-être que ce jour viendra, mais en attendant, notre peuple a le pouvoir qu'il mérite, les dirigeants qui sont à l'image de notre société..
Et si le président Alassane avait raison ?
J'étais au village depuis quelques jours, j'y passais des moments propices à la méditation et à la réflexion. Et cette nouvelle, qui n'aurait en réalité pas dû en être une, m'y a trouvé. Alassane Ouattara a décidé qu'il rendra le tablier à la fin de son mandat. Cela m'a fait jeter un regard sur le passé, faire une analyse rétrospective.
J'ai été, (le suis-je encore ?) très critique de sa politique. Aujourd'hui j'ai essayé de comprendre comment l'ancien Premier Ministre de Félix Houphouët-Boigny, devenu président, n'a même pas essayé de récidiver ce qu'il avait osé entreprendre pour éviter à la Côte la descente aux enfers en 1990. De par ma formation scientifique, j'ai appris la logique des choses, à dépasser mon moi pour essayer de comprendre les processus plutôt que de m'accrocher à ma conception et à ma vision. A partir de ce principe, j'ai fait un tour d'hypothèses qui pourraient être cohérentes et expliquer la politique du président Alassane Ouattara, fort contrastée avec celle du Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara. Personnellement, ce n'est absolument pas cette politique qu'il a menée que j'aurais voulu pour la Côte d'Ivoire. La raison principale est qu'elle a laissé de côté des éléments qui me paraissent fondamentaux dans un processus de développement. Elle a ignoré l'être humain, acteur et bénéficiaire du développement. La lutte contre la corruption, le népotisme et tout ce qui va avec, n'a pas eu sa place dans son plan vers l'émergence. La moralisation de la vie politique et l'utilisation rationnelle des moyens financiers, humains et matériels de l'Etat sont restées en friche. Sur beaucoup de points, la rupture tant souhaitée n'a pas eu lieu, les mêmes phénomènes qui avaient cours sous ses prédécesseurs sont encore très vivaces. On peut épiloguer à longueur sur les insuffisances du système mis en place.
Pour tenter de comprendre la logique qui aurait guidé la vision du Président Alassane Ouattara, j'ai fait un rapide parcours mental de ce que je vois et entends aussi bien en zone rurale qu'urbaine, des échanges que j'ai eus avec certains jeunes, le raisonnement de notre élite intellectuelle. J'ai jeté un regard sur notre société, celle dans laquelle et pour laquelle toute politique nationale est destinée. Au bout de ce parcours, j'ai abouti à une théorie, qui m'a semblé cohérente, qui a pu soutenir les actions auxquelles nous avons tous été témoins depuis 2011. Cette théorie, la voilà (suivez la logique et non les mots). Elle obéit à l'impitoyable règle qui guide la quasi-totalité des politiciens, ce que certains appelleraient le machiavélisme ; cette façon de faire face à la réalité avec rationalité, réalisme et non avec utopie, idéalisme et émotion.
En 10 ans, il est impossible de changer en profondeur le rapport d'une société à sa culture ; et même quand on arrive à faire bouger les lignes, le résultat n'est perceptible que sur le long terme. Pour qu'il le soit, il s'agit, rien de moins que de se lancer dans une révolution. En Afrique, les rares expériences qui ont eu ou qui connaissent une suite que l'opinion publique considère comme un vrai succès sont celles du Ghana et du Rwanda. Dans les deux cas, elles sont le fruit d'une violence inouïe que les leaders ont été contraints d'utiliser pour faire accepter leur vision. Aucune révolution ne peut réussir si elle ne s'appuie sur un appareil sécuritaire discipliné et loyal. Au Ghana, Jerry John Rawlings a su s'appuyer sur une armée loyale dont il a pris soin d'extirper les mauvaises graines. Il a fait exécuter la quasi-totalité des officiers de l'Armée et de la Police ; ceux qui ont pu s'échapper se sont enfuis pour se réfugier à l'étranger. Les plus chanceux, surement ceux qui apparaissaient assez inoffensifs, ont été écartés et mis de côté. Au Rwanda, Paul Kagamé est rentré d'exil avec une armée très disciplinée qui lui était totalement soumise. En s'engageant dans une révolution, on se met à dos la quasi-totalité de la classe politique, la hiérarchie sécuritaire et une importante masse des dirigeants de l'appareil de production économique. Ce sont eux qui tirent le plus grand profit du système en place et n'ont aucune intention de laisser qui que soit leur ôter leurs avantages.
Quand Alassane Ouattara accède au pouvoir, il connait très bien ses ennemis. Quant aux amis, rien n'est sûr. Le PDCI, l'UDPCI et la rébellion sont à ses côtés conformément à une entente politique. Plusieurs cadres du RDR ne sont pas des garanties. On sait que quand certains n'arrivent pas à picoter dans le foin commun, ils deviennent très rapidement les pires dangers (Sankara en sait quelque chose). Le nouveau président, face aux péripéties qui lui ont permis d’accéder à la réalité du pouvoir exécutif, a dû conclure que ce serait à coup sûr se construire une armée d'ennemis et de potentiels trouble-fêtes que de vouloir continuer la même politique que quand il était Premier Ministre, surtout dans un contexte où l'appareil sécuritaire est le moins fiable. Quand il était Premier Ministre, c'est le Président Houphouët-Boigny qui assumait les conséquences politiques de ces décisions. Houphouët-Boigny maitrisait ses hommes et son appareil sécuritaire et politique, il pouvait prendre le maximum de risques. Alassane Ouattara a eu une bonne expérience du coût de cet épisode de sa vie. Incapable de s'attaquer à Houphouët-Boigny, il sait mieux que quiconque ce que particulièrement la classe politique d'alors lui a réservée. Quand on apprend bien sa leçon, on ne commet pas les mêmes erreurs.
Après avoir abouti à la conclusion qu'en 10 ans, il aurait eu une très faible chance de marquer son passage, il s'est défini une nouvelle trajectoire. L'urgence était de remettre le pays à flots après ce qu'a laissé la crise post-électorale ; ce qu'il n'avait, à mon sens, pas prévu. La deuxième priorité était la sécurité, s'assurer contre ses ennemis et ses amis. La potion magique pour les opposants a été un bon système de renseignements qui a permis d'anticiper et de déjouer toutes les tentatives de déstabilisation. Pour les amis, il fallait arroser certains avec des sommes sonnantes et trébuchantes, et pour d'autres ne pas les empêcher de s'adonner au sport favori des dirigeants depuis l'ère d'Houphouët-Boigny : la mangecratie. Bédié du PDCI et Soro de la rébellion ont été remerciés sans calcul. Les caciques du RDR, certains barons du PDCI et de la rébellion ont aussi connu les fastes de la République. A cette fin, des postes ont été créés presqu'à l'infini. Des ministères, des institutions, des directions générales et centrales, et que sais-je encore, ont été créés pour faire de la place à ce beau monde. Le Président Houphouët-Boigny disait qu'une bouche plaine ne pouvait pas parler. Et cette implacable vérité a fait ses effets. Pour couronner le tout et faire un peu plus de place à ceux du PDCI qui n'ont pu être casés, un Sénat a vu le jour. Dans un processus électoral, on n'est jamais trop sûr, alors le tiers des sénateurs sont nommés.
Alassane Ouattara a un gros ego, et ça se sent à mille lieues. Il tenait à pérenniser son passage, à marquer sa différence avec ses prédécesseurs, à marquer de sa pierre la Côte d'Ivoire comme il l'a fait lors de son passage à la primature. Quoi de plus visible que des édifices, des ponts et des routes. Des infrastructures visibles, palpables et présentables, cela laisse des traces. Avec la manne financière que ces gros investissements engendrent, il est sûr qu'en fermant les yeux sur la bonne gouvernance, il peut se créer une horde de laudateurs, barricader les services sécuritaires et desserrer la pression des donneurs de leçon occidentaux. Les laudateurs vont distribuer quelques billets de banques, faire quelques dons en nature et cela créera un effet domino pour s'étendre à une jeunesse déboussolée.
Alors pourquoi se lancer dans un combat qu’on n’est pas sûr de gagner plutôt qu'un qui peut élever dans le panthéon de l'histoire ? Aujourd'hui, presque personne ne parle de toutes les perversions du système Houphouët-Boigny. Et Dieu seul sait comment sur beaucoup de points il a été un facteur négatif à l'édification d'une Afrique responsable d'elle-même ! Comment il a été un complice accompli de la politique coloniale et a su être un moteur de la perpétuation de celle-ci. Servir son village, son clan c'est ce que les populations trouvent normal. Placer son neveu et sa cousine à des postes juteux, tel est le vœu de la majorité de nos concitoyens qui trouvent cela normal. Alassane est l'Houphouetiste le plus accompli. Il n'a certes ni le tempérament de son mentor, ni sa patience et surtout sa connaissance et sa maîtrise de la culture ivoirienne. Ce qu'il a appris le plus, c'est sa méthode. Le respect de la loi, la démocratie, la bonne gouvernance, tout cela dépend. Tout comme son mentor, il est au-dessus de tout, il agit comme un monarque absolu, il a de fortes relations extérieures, parmi les plus grands de ce monde, dans le monde des finances, des affaires et de la politique. Ce qui compte, c'est la stabilité du régime et la perception qu'en ont ses appuis extérieurs. C'est de l'Houphouetisme pur et dur.
Personne ne peut nier la réalisation des infrastructures. Sauveur pour beaucoup de ruraux qui voient en lui le messie qui a apporté l'eau et l’électricité à travers les pompes, les châteaux d'eau et la lumière qui illumine la rue dans leur village. L'histoire ne pourra nier les kilomètres de bitume, le nombre de ponts, les échangeurs. La baie de Cocody, le futur bâtiment de plus de 60 étages qui est en train de sortir de terre à la place de l'ancienne préfecture de police et surtout le train urbain d'Abidjan, sont les points d'orgue de ce qu'il veut laisser à la postérité. Les nombreux centres commerciaux qui ont vu le jour sont une attraction pour les acteurs de l'économie mondialisée. Ceux qui la contrôlent n'ont aucune envie de voir ce marché émergent s'effriter. Les marchés d'Europe et d'Amérique du Nord sont saturés. La massive intervention du secteur public fait envoler les ratios dont raffolent les analystes. Et Il faut de nouvelles frontières de croissance. La Côte d'Ivoire se trouve dans le haut du palmarès de la croissance. Alassane Ouattara a le soutien qui lui permet de maintenir, avec ou sans sa personne au premier poste, la continuité de sa vision. Il sera là, le temps de l'achever avant surement de se retirer aux Mougins. Que personne ne se leurre. Alassane Ouattara usera de tout ce qui est en son pouvoir pour que son successeur soit une personne loyale, une personne qui va poursuivre l'œuvre et non une personne dont la seule politique sera de se venger du passé, qui va passer tout son temps sur des dossiers judiciaires et une communication de diabolisation de son régime à n'en pas finir. Que personne ne se détrompe, ce ne sont ni les lois, ni les principes démocratiques ou de bonne gouvernance, ou encore de l'opinion publique nationale qui seront un frein. Alassane Ouattara, fera de façon acceptable par ses puissants soutiens, tout ce qui est possible pour empêcher le retour aux affaires de ceux qu'il considère comme les premiers responsables de la chute de la Côte d'Ivoire dans le ravin profond dans lequel il l'a repêché. Il ne toléra ni le PDCI version Bédié, ni le FPI de Gbagbo de reprendre la conduite de ce pays.
Avec ses grands chantiers, s'il réussit à transférer le pouvoir à son clan, on aura surement la tour Alassane Ouattara, le pont Alassane Ouattara et l'histoire pourra dire qu'il est le père du train urbain d'Abidjan. Et ça, je pense qu'il en sera content. Alors, avais-je raison de le pourfendre pour avoir laissé les coupeurs de rue (les coupeurs à col-blanc dans les bureaux feutrés) dans tous les carrefours ; ces hauts-fonctionnaires et politiciens qui ne sont jamais rassasiés et qui prennent un grand plaisir à maintenir leurs couteaux aiguisés en permanence pour découper une partie de toute viande qui passe devant eux ? Dans le fonds oui, mais l'honnêteté m'oblige à reconnaître qu'il est plus simple de renoncer à traverser le fleuve que de risquer sa vie en tentant de le faire quand on sait qu'il est infecté de crocodiles. Pour nous autres, chantres d'une Côte d'Ivoire moderne au sens de la gestion des affaires publiques conçues et mise-en-œuvre par les Occidentaux, nous avons encore de longs moments à attendre. Celui que nous voyions comme le sauveur qui allait remettre la Côte d'Ivoire sur le train de la modernité, a choisi de faire de la realpolitik.
Peut-être que ce jour viendra, mais en attendant, notre peuple a le pouvoir qu'il mérite, les dirigeants qui sont à l'image de notre société..
Les dirigeants sont à l'image de leurs peuples
Pour ceux qui ont connu le monde estudiantin au temps d'Houphouêt (avant les années 90 bien sûr), c'était une petite bourgeoisie. Logés, nourris et blanchis, avec des bourses qui étaient plus élevées que le smig, ils vivaient mieux que beaucoup d'employés. Et la belle vie était la meilleure part de leur quotidien.
Je fis la remarque que nous aurions fait exactement la même chose que les autres étudiants si nous étions à Abidjan. L'environnement Canadien, axé sur la réussite et le mérite, ne nous offrait aucun luxe de perdre de vue ce pour quoi nous étions au Canada.
Ce que je voudrais relever ici, c'est le fait que le même individu ait deux comportements différents dans deux environnements différents. C'est pourquoi j'insiste pour dire que, compte tenu de la mentalité des peuples de l'Afrique au sud du Sahara, Dr. Mahatir (de Malaisie) ou le Général Park Chung-hee (de la Corée du Sud) ou encore Lee Kuan (de Singapour), n'auront pu rien faire dans cette partie du monde, s'ils y avaient été les dirigeants.
La priorité de l'Afrique n'est ni dans la mise en place de mille et une institutions, ni de voter des lois, ni de construire des infrastrutures. La priorité des priorités est d'avoir un peuple dont la mentalité épouse les principes du respect des institutions et des lois, s'approprie la chose publique, se donne les moyens de choisir ses dirigeants et les moyens de contrôler leurs actions. Ce n'est qu'à ce prix que les energies seront libérées.
Les dirigeants sont à l'image de leurs peuples.
Nous sommes tous victimes
Je suis né dans un village de la région de Bondoukou où j'a fréquenté l'école primaire. Je vais au collège dans la grande ville de la région et je suis transféré au Lycée à Bingerville. Après mes études supérieures, je m'installe à Abidjan pour y travailler. Ce cheminement est presque celui d'un grand nombre de mes compatriotes Ivoiriens. Avais-je le choix ? Non ! Je ne suis pas venu au sud parce que j'avais envie d'y venir. M. Laurent Gbagbo n'a pas choisi de quitter Maman pour s'installer à la Riviera parce qu'il en voulait ainsi; M. Henri Konan Bédié n'a pas choisi de quitter son village près de Daoukro pour s'installer à Cocody; il n'avait pas le choix ! Le choix s'est imposé à nous. Les habitants d'Anono, d'Abobo Baoulé et de Jacqueville n'ont pas invité ceux qui se sont installés chez eux; en avaient-ils le choix ?
Nous sommes tous des victimes
Quand les Français se sont emparés des territoires Africains, ils n'ont pas demandé l'avis de ceux qui y habitaient. Ils ont découpé, aménagé, structuré et développé l'espace selon leurs intérêts. Au bout de la ligne, ils ont facilité, sinon organisé le mouvement migratoire selon leurs intérêts économiques. Le réseau de transport orienté du nord au sud en est un témoignage poignant.
Nous sommes tous des victimes
Le modèle économique choisi par le 1er président Félix Houphouët-Boigny s'est bâti sur l'exigence d'une main d'oeuvre disponible et pas chère; ce choix a légué une prospérité économique et un afflux de migrants. Le flou dans la définition de la nationalité dans le 1er code de la nationalité de 1961, la corruption généralisée dans l'administration, le paternalisme et l'insouciance de la population ont distordu la notion juridique de nationalité en la confondant souvent avec celle d'étranger (c'est-à-dire celui qui est venu d'ailleurs). Tant que l'économie permettait à chacun d'avoir son pain, cette confusion n'a pas déchiré le tissu social. Quand les terres ont commencé à se faire rare, l'administration incapable d'absorber le flot des jeunes diplômés universitaires, l'économie ne pouvant offrir un emploi à tous qui en avaient besoin, c'est l^que le navire Ivoire à commencer à chavirer quand certains politiciens ont fait "des étrangers" leur fond de commerce.
Nous sommes tous des victimes
Le plus grand problème de la Côte d'Ivoire, ce ne sont pas les étrangers (ceux qui n'ont pas la nationalité Ivoirienne). Le plus gros défi, c'est la cupidité et l'affairisme de ceux qui ont un brin de pouvoir : du ministre qui exige sa part avant de signer un contrat, du technicien du service de contrôle automobile qui fait échouer celui qui ne lui verse son "dû", du technicien de la Sodeci qui ferme les yeux sur les pirates d'eau dans les quartiers après avoir reçu son sursalaire, de l'agent de sous-préfecture ou de la mairie qui ne se fait aucun scrupule en prenant un pourboire pour changer un acte de naissance ou en établir un nouveau; la justice qui prend des décisions pas toujours justes. Quand des pans entiers de l'économie nationale sont contrôlés par des étrangers, il faut faire une lecture introspective et en comprendre les raisons profondes. L'hypocrisie, face à cette situation, est la seule chose que se partagent tous les partis politiques. Leurs militants et leurs dirigeants ne voient le mal que quand ils en sont victimes. La constitution, version Guei, était décriée par Gbagbo quand il était opposant; il en est devenu un farouche défenseur une fois au pouvoir. Les surfacturations et les gabegies décriées avec tant de vigueur par les militants du RDR quand Bédié était au pouvoir, ont trouvé une justification une fois que leur parti est au pouvoir. Ceux, pour qui la raison du plus fort est la meilleure sous Gbagbo, crient aujourd'hui à la partialité de la justice quand leur parti a perdu le pouvoir.
Nous sommes tous des victimes; nous exigeons de nos responsables
La Côte d'Ivoire a besoin d'une onde de choc pour pouvoir faire face aux vrais défis que constituent les fléaux susmentionnés. Le problème des étrangers trouvera une solution idoine quand le peuple Ivoirien aura une conscience aigüe de la loi, de l'Etat et de ceux qui l'incarnent. Quand le peuple attend du ministre, du maire ou du DG une générosité sans borne, qu'il participe avec de gros montants à toutes les funérailles, baptêmes; qu'il paye les ordonnances de tout un village; qu'il dorlote les notables, les chef religieux, les chef traditionnels; qu'il parraine avec des montants sonnants et trébuchants toutes les activités des jeunes et des femmes; il faut bien que celui ou celle-ci trouve cet argent quelque part car son salaire ne peut pas suffire.
L’illusion de la liberté
Aujourd’hui toute la planète terre vit dans un monde virtuel. Et une des conséquences de ces nouveaux espaces est la création de « communautés virtuelles », dont les membres ne communiquent qu’entre eux et finissent par ignorer le monde extérieur à leur espace. Même les vérités les plus évidentes sont désavouées. Les spécialistes de la manipulation s’en servent et incitent les membres du clan « virtuel » à plus d’extrémisme et à moins de tolérance. Cela s’observe à tous les niveaux de la vie sociale. Les groupements sont aussi bien politiques, économiques, religieux et géographiques. Ce phénomène a généré une rupture du dialogue social dans beaucoup de pays. La démocratie politique, centre de l’art du compromis, a perdu de sa splendeur. A la manipulation de l’establishment politique, militaire, économique et financier, répondent les populistes de tout-bord : nationalistes et idéologues de droite et de gauche dans le monde occidental, pseudo-nationalistes et tribalistes en Afrique. Chacun est totalement sûr que « sa vérité » est la vérité absolue, la norme.
Ce nouveau phénomène a et aura des impacts très importants sur la société et remet totalement en cause celle que l'être humain a connu depuis son apparition sur cette planète terre. La géographie a été le 1er facteur ayant contribué à l'installation d'un groupe d’individus en un endroit, d’y vivre et de former des foyers. Au 18è siècle, la distance moyenne qui séparait les membres d’un couple (homme et femme) était d’environ 40 kilomètres, c’est-à-dire la distance qu’un individu pouvait aisément parcourir à pied une journée . Aujourd’hui, il n’y a même plus de limite dans le monde virtuel. Des couples se forment entre des individus séparés de plusieurs milliers de kilomètres et qui se sont rencontrés à travers les réseaux sociaux. Les notions d’espace et de temps ont totalement perdu de leur sens historique.
L’impact de ces médias sociaux, outil par excellence des espaces virtuels, reste encore inconnu sur la société. De nombreuses études et recherches y sont consacrés tendant à mieux les comprendre. Les médias sociaux fonctionnent d'abord comme un espace de communication et d'échanges, s'appuyant sur le réseau internet. Il est utile de s'arrêter un peu sur comment tout ce système est organisé et fonctionne. Il y a l'ossature internet, qui est comme l'indique le nom en anglais, un ensemble de réseaux de communication, interconnectés entre eux dans le monde entier. Les supports sont aussi bien des câbles en fibres optiques que des réseaux de satellites. Les informations transmises sous forme de texte, d'images, d'audio ou de vidéos, sont transformées en ondes électriques et transmises à la vitesse de la lumière. Ainsi toute information est capable d'atteindre n'importe quel endroit du globe, à partir de n'importe quel autre, en fractions de secondes. Il est devenu possible à n'importe qui, doté de l'équipement approprié, d'entrer en contact avec n'importe qui, partout dans le monde, du plus petit hameau au plus grand centre métropolitain. Aujourd'hui, les moyens d'accès à Internet se sont démocratisés, disponibles partout et à la portée de presque toutes les bourses. Leur utilisation est simplifiée au maximum, permettant à ceux qui n'ont aucune connaissance technique de se l'approprier.
La réalité de ce nouveau mode de communication - que dis-je - de vie, n'est connu que par une frange très faible des utilisateurs. Comment a-t-il été possible à des sociétés comme Google ou Facebook, qui ont utilisé un modèle économique atypique, à savoir, la gratuité de leurs services, d'accumuler une si grosse fortune, au point de figurer en un temps très court parmi les plus grandes entreprises mondiales ? A la base, il y a les immenses bases de données, dans lesquelles chaque utilisateur est identifié, toutes leurs activités et leurs contenus sont enregistrés. La gestion de cette importante masse de données, que les spécialistes appellent "big-data", a nécessité la mise au point de nouveaux outils appelés "data-mining" . En effet, le contenu de ces bases de données ressemble à une mine dans laquelle sont enfouies des données qu'il est loisible d'explorer et de traiter pour en sortir des produits finis et vendable sur le marché. Le « data-mining » est une discipline qui s'est développée autour de ce concept et est intégré dans les programmes de formation en informatique et dans les disciplines connexes. Les nouvelles multinationales dans le secteur des médias sociaux puisent la plus grande partie de leurs revenus en vendant de façon très élaborée ces données traitées. Inconsciemment, les utilisateurs payent l'utilisation gratuite en fournissant à ces entreprises les moyens de les suivre, et grâce à des algorithmes très sophistiqués de définir leur profil. Avec de plus en plus de l'intelligence artificielle, le marquage s'affine et devient plus pointilleux et précis. Les organisations gouvernementales et privées s'en servent pour faire du renseignement, de la propagande ou de la publicité.
Quelques exemples, rapportés par les médias, illustrent l'ampleur de l'utilisation des données récoltées sur les réseaux sociaux. La campagne présidentielle de Barak Obama en 2012 qui a fait un usage très extensif des réseaux sociaux en est une bonne illustration. Voici ce qu'en rapporte le journal en ligne « lesechos.fr » dans son édition du 13/12/2012 : « l’une des innovations digitales les plus déterminantes a sans doute été la collecte d’un grand nombre de données destinées à motiver les votants. Un programme de "targeted-sharing" qui permettait d’intéresser les amis, connaissances et relations éloignées des partisans d’Obama à travers des messages personnalisés envoyés via Facebook, le téléphone ou d’autres moyens en ligne. Teddy Goff estime que près de 5 millions de votants ont été contactés de cette façon, des jeunes pour l’essentiel. » L'équipe en charge de la campagne digital a élaboré un système prenant appui sur les fichiers électoraux (électeurs et résultats des élections précédentes), les données des médias sociaux entre autres Facebook, Twitter et Snapchat. A l'aide d'un algorithme conçu à cet effet, il leur était possible de pourvoir aux activistes sur le terrain, aux analystes politiques et stratégiques, des informations ciblées. Cette même approche est utilisée par les compagnies de marketing et de publicité pour atteindre leurs cibles.
Les entreprises les plus importantes qui détiennent et gèrent les médias sociaux sont essentiellement américaines. A part quelques exemples, tous les réseaux interconnectés, tous les centres de gestion des « big-data », éléments qui rendent possible et facilitent le transport et la diffusion des informations, ont un élément en commun : leur point névralgique est situé aux Etats-Unis d'Amérique. Lorsqu'une personne localisée par exemple à Abidjan communique avec une autre localisée à Soubré en utilisant un de ces médias sociaux (Facebook, Messenger, WhatsApp ou tout autre), les informations transitent par des serveurs situés aux Etats-Unis. C'est une vraie arme à la disposition de cette super-puissance dont les services de renseignement s'en servent à merveille. Le scandale suscité par l'affaire Edward Snowden, cet informaticien travaillant à l'Agence Nationale de Renseignement (NSA) qui a rendu public le travail effectué par cette agence, a permis de mettre en évidence ce que pouvait être obtenu à partir de ces « big-data ».
La partie visible de l'iceberg socio-technologique est l'usage qu'on en fait. Que de facilités les nouvelles technologies ont rendu possible ! Il faut se rappeler combien pouvait coûter, il n'y a pas si longtemps, une communication téléphonique à partir de la Côte d'Ivoire vers Europe, les Etats-unis et même les pays limitrophes. WhatsApp, Skype et les autres sont arrivés. Ils ont tout simplement chamboulé le système et ont créé de nouvelles normes. Il est maintenant possible de converser avec la personne qu'on aime pour presque rien, bien sûr en enrichissant le « big-data ». Mais qui s'en occupe ! Cette facilité permet des choses inimaginables il n'y a pas trop longtemps. Les entreprises de vente en ligne ont complètement restructuré l'industrie du commerce de détail, l'accès à l'information est facilité par les moteurs de recherches au point d’avoir créé un nouveau mot : googler. Le plus fantastique et aussi le plus inquiétant est le fait d'avoir donné la possibilité à tout un chacun de s'exprimer et de se faire entendre, il n'y a presque plus de censure. Ceux qui, à cause de la nature de leur propos, aurait eu de la difficulté à faire entendre leur voix, ont désormais des plates-formes pour s'exprimer. Ceux qui, assis dans leur coin, ruminaient leur désarroi, leur haine, leur angoisse et leur solitude, trouvent des voix, parfois à mille lieues, qui donnent un écho à la leur, leur donnant de l'amertume ou de l'espoir. Ils acquièrent de la vigueur pour construire, détruire, insulter, glorifier, débiner, bref de faire ce qui leur passe par la tête. Les méchants, les loups, les poètes, les philosophes, les analystes : bref, tout le monde a la possibilité de s'exprimer. Le "bilakoro”, caché derrière son clavier, peut insulter, vilipender sans se sourciller et sans conséquence, le puissant roi, le président autoritaire, le leader charismatique. L'ignorant peut contester les propos de l'érudit ! C'est la foire à tous les propos.
La propagande de toutes sortes d'idéologie et de religions abondent. Les groupes se prolifèrent à souhait. Ainsi se côtoient les discours de la haine et de l'amour, du fascisme et de la démocratie, de la liberté et de la dictature. Tout le monde peut s'exprimer, dans un vacarme et un brouhaha indescriptible que les moteurs de recherche et les algorithmes sophistiqués tentent de dompter. Ainsi va ce monde des nouveaux médias. Pour s'y retrouver, une nouvelle filière, la gestion de médias-sociaux, a vu le jour afin de mieux cerner ce tohu-bohu. Ceux qui s'en spécialisent sont employés par les entreprises, les hommes politiques ou encore les vedettes de toutes sortes de domaines pour gérer leurs comptes sociaux.
Les crises Ivoiriennes : la voie divine
Il y a quelques jours, je méditais sur le sort de la Côte d'Ivoire : comment en est-on arrivé là où nous sommes ? Après un bon moment de méditation, il m'a semblé qu'il existe une force invisible, très forte, irrésistible et je dirais même mystique; oui l y assurément une dimension divine dans la folle course de la Côte d'Ivoire vers son destin. En 1989, alors que la plupart des analystes politiques pensent que le régime du parti unique PDCI-RDA est proche de sa fin, une "voix divine" pousse le président d'Houphouet-Boigny à faire appel à une personne à laquelle personne ne pensait : le gouverneur de la BCEAO qui est appelé en urgence pour éteindre les braises et permettre au prince héritier de s'asseoir sur le fauteuil royal en temps opportun. C'est le début de la mise en œuvre de l’œuvre divine pour la Côte d'Ivoire avec en trame, le destin d'un homme. Cette voie divine devient le point commun à toute la tragédie de la Côte d'Ivoire. Tous ceux qui veulent le pouvoir sont hypnotisés, pétrifiés par cette force de la voie divine : ils ne voient plus rien, ils ne raisonnent plus ; ils deviennent comme cet individu, qui au détour d'un chemin, fait face à un animal féroce ; il ne peut avancer, ni reculer ; tout son esprit est tourné vers l'animal dont dépend sa survie.
Premier décorQuand le prince héritier, arrive au pouvoir, il est pris dans la tourmente, enivré par la force "mystérieuse" qui le pousse comme une tempête, à détruire son propre régime. Quand il pense avoir encerclé la "force mystérieuse", il est incapable de voir "les jeunes gens" qui, comme un tourbillon, arrache le toit de la maison, mettant la nudité du prince au grand jour. Tout ce qui lui restait, c'était la fuite, pour cacher la nudité du regard des sujets.
Deuxième décorLe Général, le diplômé de Saint-Cyr, arrive à la rescousse ; il est pris dans le tourbillon de la même "force mystérieuse". Alors que toutes les portes de la gloire lui sont offertes, il est lui aussi hypnotisé et perd le sens de la raison. Il signe un pacte du diable avec ses ennemis qui font tout pour qu'il se sépare de ceux qui assurent sa sécurité. Sans défense, et comprenant trop tard au moment où ceux qui l'ont convaincu d'être ses protecteurs enfonçaient sa dernière défense, il est balayé rapidement. Ce qu'il convient de noter ici, c'est que comme le prince, le général, emporté par la "force mystérieuse", n'a pu peut identifier ses vrais ennemis qu'après sa chute.
Troisième décorL'intellectuel, l'historien arrache par des manœuvres "calamiteuses" le pouvoir ; encore une fois, le destin joue encore sa partition. La même tragédie qui a emporté les deux précédents régimes resurgit. Comme dans un film ou une pièce de théâtre, l'acteur joue sa partition ; le même aveuglement, le même entêtement, les mêmes erreurs ; comme si l'historien était incapable de lire l'histoire. Ici encore, l'acteur ne peut lire les réalités, il n'est pas maître de son propre destin ; il est emporté par une violente tempête. Que retenir ? Tout ce qui s'est passé n'est au final, que la résultante de ce qui est au-delà de nous, de nos forces, nos plans. Ce ne sont ni les errements de ceux qui ont accédé au pouvoir, ni la puissance de celui qu'ils considéraient comme leur ennemi : chacun jouait simplement sa participation comme une pièce de théâtre. Autant il est possible de relever les erreurs des tenants du pouvoir, autant il est facile de relever les faiblesses de leur adversaire.
AnalyseJuste une analyse pour expliquer comment cette force a aveuglé, inhibé la raison et guide les acteurs à leur propre perte. L'élection présidentielle de 2010, que ce serait-il-passé si les refondateurs n'avaient pas perdu leur sens de la raison ? Prenons le scénario suivant : Après le 1er tour, les refondateurs, élèvent des vives protestations sur le vote dans les zones CNO, contrôlées par les forces rebelles. Après le deuxième tour, ils récidivent tout en laissant la commission électorale opérer normalement. Ses représentants dénoncent les insuffisances de la commission centrale de la CEI. Le candidat LMP dépose des réclamations auprès du Conseil Constitutionnel selon les procédures de la loi. le Conseil Constitutionnel fait un travail selon les règles avant de proclamer les résultats. Elle reconnaît les requêtes du candidat LMP et annule les résultats dans les circonscriptions qu'elle aura choisies. Conformément à l'article 64 du code électoral, "Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection".
Dans ce scénario, la loi est respectée et la communauté internationale aurait été dans l'embarras. Mais le destin étant tracé, cette approche n'a effleuré aucun esprit. Ce qui devait arrivé, arriva et personne n'y pouvait rien. C'est ma conclusion. Alassane est là par la volonté de Dieu car tout a été fait pour l'en empêcher. Ce ne sont point ses actions qui lui ont permit d'être là, c'est son destin.
Le problème des woros-woros et des gbagas à Abidjan
Les woro-woros et les gbakas sont le moyen de locomotion le plus utilisé à Abidjan ; et malheureusement, partout où ils sont, c’est le cafouillage, l’indiscipline et parfois l’insécurité. Le plus souvent, ils utilisent des gares improvisées, parfois au milieu de la voie de circulation. Les autorités communales ont la manie de prendre fréquemment des arrêtés qui, pour leur interdire des zones transformées en gare, qui leur interdisant tout simplement un accès partiel ou total à leur commune.
En vérité, aucun signe n’indique que les autorités chargées du transport tentent de résoudre le véritable problème que constitue le transport public à Abidjan. La SOTRA est incapable d’assurer un service minimum ; quant aux gbakas et woro-woro, ils s’apparentent à un mal nécessaire et tous ceux qui s’y approchent le font juste pour leur gain immédiat : les mairies pour les taxes de stationnement (quand bien même elles n’ont jamais aménagé ou organisé des places à cet effet) ; les « corps habillés » (policiers, gendarmes, FRCI) pour leurs rackets ; les « syndicats de transporteurs » pour leurs tickets. Pendant ce temps, les chauffeurs et les utilisateurs doivent se battre les premiers pour pourvoir leurs services et les seconds pour assurer leurs déplacements.
Rien ne sert de toujours chercher à interdire ; tant qu’il y aura des individus en quête d’un moyen de déplacement et prêt à payer le prix, des personnes à la recherche de leur pitance et capable d’offrir ce service, ce moyen de transport en commun vivra même s’il est source de beaucoup d’inconvenance. Il est bon que les autorités aient une approche plus tournée vers la recherche de solutions adéquates et convenantes à la question fondamentale des déplacements des populations et y apporter les solutions idoines avec les moyens possibles du moment même s’ils ne sont pas l’idéal.Analyse des 47 premiers articles relatifs aux droits et aux libertés
La nouvelle constitution, puisqu'il convient de l'appeler ainsi, est l'oeuvre d'éminents juristes ; certains des articles ressemblent plus à l'oeuvre d'activistes des droits de l'homme que le travail de constitutionalistes. Les 47 premiers articles du CHAPITRE PREMIER : DES DROITS ET DES LIBERTES en est la parfaite illustration. Un verbiage creux, symbole des adeptes de rhétorique inutile. Le contenu de ces 47 articles auraient très aisément pu se retrouver dans une quinzaine d'articles plus simples.
Article 2
La personne humaine est sacrée.
Les droits de la personne humaine sont inviolables.
Tout individu a droit à la dignité humaine et à la reconnaissance de sa personnalité juridique.
Article 3
Le droit à la vie est inviolable.
Nul n’a le droit d’ôter la vie à autrui.
La peine de mort est abolie.
Que veulent dire au plan juridique toutes ces belles phrases ; La personne humaine est sacrée ? Les droits de la personne sont inviolables ? Quels droits ? Le droit de se marier, d'insulter, de tuer, d'être éduqué ? Je ne sais pas de quoi cet alinéa parle. De même, c'est quoi la dignité humaine ? Quand pardonner est indigne chez certains et voler est un acte de bravoure et de dignité chez d'autres ?
Le pire, c'est l'alinéa 1 de l'article 3, qui dans un pays ou la justice est juste et équitable ouvrirait des procès à ne pas finir. Le droit à la vie est inviolable ; point. Quid du policier qui tue un bandit ? Quid d'un citoyen qui se défend face à quelqu'un qui veut porter atteinte à sa vie ? Etc.
C'est incroyable que des juristes pondent un tel article sans toute autre considération. Ailleurs, on aurait ajouter quelque chose du genre "sauf dans les cas prévus par la loi".
Quelle différence entre l'alinéa 3 et 2 du même article ?
Article 9
Toute personne a droit à l’éducation et à la formation professionnelle.
Toute personne a également droit à un accès aux services de santé.
Article 10
L'école est obligatoire pour les enfants des deux sexes, dans les conditions déterminées par la loi.
L'Etat et les collectivités publiques assurent l’éducation des enfants. Ils créent les conditions favorables à cette éducation.
L'Etat assure la promotion et le développement de l'enseignement public général, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle ainsi que l’expansion de toutes les filières, selon les normes internationales de qualité et en rapport avec les besoins du marché du travail.
Les institutions, le secteur privé laïc et les communautés religieuses peuvent également concourir à l’éducation des enfants, dans les conditions déterminées par la loi.
Avait-on besoin d'autant de charabias pour dire simplement que le droit à l'éducation est un devoir de l’État. On aurait pu faire l'économie d'une phraséologie qui ne peut qu'être confligène. Certaines choses relèvent du domaine de la loi et la constitution ne devrait qu'énoncer leurs principes généraux.
Article 14
Toute personne a le droit de choisir librement sa profession ou son emploi.
L'accès aux emplois publics ou privés est égal pour tous, en fonction des qualités et des compétences. Est interdite toute discrimination dans l'accès aux emplois ou dans leur exercice, fondée sur le sexe, l’ethnie ou les opinions politiques, religieuses ou philosophiques.
Quelle est l'utilité de l'alinéa 2 quand l'article 14 énonce l'égalité de tous et interdit toute discrimination. Il serait plus opportun dans le code du travail (ou toute autre loi) qui traite l'accès à la fonction publique
Article 19
La liberté de pensée et la liberté d'expression, notamment la liberté de conscience, d'opinion philosophique et de conviction religieuse ou de culte, sont garanties à tous. Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser librement ses idées.
Ces libertés s’exercent sous la réserve du respect de la loi, des droits d'autrui, de la sécurité nationale et de l'ordre public.
Toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d'encourager la haine raciale, tribale ou religieuse, est interdite.
L'alinéa 3, dans sa formulation pose problème : "faire prévaloir un groupe social sur un autre" . Que font les partis politiques ? Rien que ça, faire prévaloir les intérêts d'un groupe social sur les autres.
Article 27
Le droit à un environnement sain est reconnu à tous sur l’ensemble du territoire national.
Le transit, l’importation ou le stockage illégal et le déversement de déchets toxiques sur le territoire national constituent des crimes.
L'alinéa 2 est ce qu'on peut appeler "la cécité intellectuelle" des auteurs. Parce qu'un événement spécifique a eu lieu, on met dans la constitution un article spécifique, qui en plus n'ajoute rien ni à la clarté, ni à son essence. Un tel article dans le code de l'environnement ou tout texte de loi qui réglemente l'environnement serait plus approprié.
C'est mon point de vue
Ma première réaction au projet de constitution : pas si moderne
Je viens de lire quelques extraits du projet de la nouvelle constitution. J'avoue que je suis très gêné car j'ai de l'admiration pour le président Ouattara. Mais là ! Ça en fait un peu trop pour moi.
Dans le fond : vice-présidence, primature, conseil économique et social, grand médiateur, sénat... ouf ! je m'arrête avant de perdre mon souffle. Je ne suis pas sûr qu'on puisse me convaincre que c'est une constitution plus moderne. Je ne vois vraiment pas les avancées à part la restructuration des conditions d’éligibilité à la présidence. Une trop lourde constitution laisse peu de place à la législation et trop souvent empêche sa stricte application.
Dans la forme : un débat intense pour voter oui ou non un texte que presque personne n'a vu ni lu. Le projet initial soumis à la commission des experts aurait dû être diffusé pour recevoir les avis et critiques que les experts auraient pu intégrer dans leur rédaction. La version remise au gouvernement et qui sera soumise au parlement pour adoption devrait être largement diffusée pour donner le temps au député d'aller consulter leurs mandataires et recueillir leurs avis, ainsi leur vote aurait plus de légitimité.
J'aurais probablement applaudi l'usage de la dictature éclairée si le contenu reflétait véritablement une avancée. Que nenni ! Mon dilemme : quand on dit non, les irresponsables de l'opposition, incapables de regarder au-delà du bout de leur nez, diront que je vomis le régime. Je n'approuve pas ce projet de nouvelle constitution, cela ne veut pas dire que je partage l'avis de ceux qui décrivent une Côte d'Ivoire qui existe seulement dans leur rêve, une Côte d'Ivoire agonisante. Daouda et N'guess Bon sen......aide-moi que choisir, lequel des deux camps doit recevoir mon adhésion.
Fraternellement à tous mes compatriotes
La vision d'Alassane : la nouvelle constitution
Les jeux sont faits ; la voie est tracée et grandement ouverte. Mes prédictions :
Probablement la deuxième semaine de novembre, Daniel Kablan Duncan deviendra le premier vice-président de la Côte d'Ivoire ; il sera remplacé à son poste par Amadou Gon Coulibaly et Thierry Tanoh occupera le poste de secrétaire général de la présidence.
En 2020, Duncan, du PDCI, accepté par Bédié, sera le candidat de l'alternance sur le même ticket que Gon, qui deviendra l'homme fort du régime (probablement plus que son patron). Ici la justification de la suppression de la limite d'âge. Ce scénario donne une visibilité de 10 à 15 ans au régime RHDP à moins que…
Cette analyse m'amène à trouver une logique à la méthode d'ADO : stabilité et paix pour dérouler son programme de développement économique sur un temps assez long comme l'avait fait le président Houphouet-Boigny ; analyse que je résume en une phrase : ADO fait de l'Houphouetisme modernisé et actualisé aux réalités d'aujourd'hui.
L'Houphouetisme, je le décline en 2 mouvements concomitants et complémentaires :
- Limitation de son territoire de 1959 aux années 1966
- Politique de la carotte et du bâton avec la distribution des "arachides" aux grilleurs et le harcèlement des insoumis et des insatisfaits
1er mouvement :
De 1959 à 1963, signal fort à tous les opposants et partisans qui affichent des signes d'indépendance et donc constitue une potentielle menace; arrestations et incarcérations massives. Les grosses têtes tombent les unes après les autres (Biaka Boda, JB. Mockey, Dr Koné Mamadou, Gris Camille, Alloh Jerome, etc) ; au total 96 personnes sont arrêtées uniquement en 1963 après les premières vagues de 1959 à 1961. Résultat : silence radio.
Après la tempête, le calme : libération de tous les prisonniers en 1967 ; le message est bien saisi aussi bien par les partisans que les opposants, c'était l'objectif.
Promotion à des postes de responsabilité de tous les jeunes cadres dans l'administration publique et para-publique avec la création de plusieurs Etablissements Publics Nationaux (EPN) et de très nombreuses Sociétés d’État dans les secteurs économiques.
Multiplication de la participation de l’État dans les entreprises privées, ce qui donne un levier à l’État pour la promotion des barons du pouvoir sous la couverture d'Ivoirisation des postes (ex : Joseph Aka Angui DG de Blohorn, Abou Doumbia, à la SIB, etc Cette politique permet de trouver un point de chute à tous les cadres ; le bonus est qu'il n'y a pas de contrôle ; s'en suit un laisser-aller. Cependant gare à quiconque ose élever un brin de critique. Un audit immédiat et intéressé le ramera gentiment à l'ordre. Trop zélé ou trop ambitieux, le couperet tombe. Lamine Fadiga et Emmanuel Dioulo en savent quelque chose.
Avec ce mélange de la grillade d'arachide et du harcèlement, Houphouet a régné 33 ans (en réalité un peu plus) et a pu réaliser grâce à cette paix et la stabilité qu'elle a engendrée la Côte d'Ivoire qu'il nous a légué à sa mort : première place économique de l'espace Francophone et même de toute l'Afrique de l'Ouest, une société divisée, qui débouche sur la guerre civile.
L'Allassanisme, vise le même but : stabilité et paix dans la durée
A chaque époque sa méthode ; ADO, le premier ministre technocrate sait le prix qu'il a payé pour s'être attaqué à la méthode Houphouet. Revenu au pouvoir, il choisit sa voie : ménager ceux qui peuvent créer un obstacle à sa vision ; manœuvre en 2 mouvements (comme Houphouet)
- D'un :
- • Création d'une force politique en unissant les forces : le RHDP servira à cette fin. Il y a un parti unifié (le parti unique, c'est caduc) ; quand 2 des trois centres géo-politiques se mettent ensemble en Cote d'Ivoire, ils sont sûrs de rester longtemps au pouvoir.
- • Neutralisation des opposants (ceux dont la gouvernance a ruiné le pays : Gbagbo à la Haye, les autres sous étroite surveillance ); ; encore sous le choc, ils ne peuvent mobiliser car très peu de personnes sont à leur écoute ; leur incompétence notoire et leur immaturité politique a facilité la fragilisation de leurs partis politiques avec des fractures internes encouragées, si elles ne sont pas commanditées.
- De deux :
- • Organiser un laisser faire balisé ; ancien de la BCEAO et du FMI, ADO connaît et maîtrise les arènes des finances internationales : pas de structures étatiques budgétivores et inefficaces, mise en place de procédures internes rendant difficiles de puiser directement dans les caisses de l’État ou de faire des sur-facturations aberrantes, ce qui rassure les partenaires au développement. Celui qui veut participer à la grillade d'arachide doit se construire un champ : les société écran. L'usage des marchés de gré à gré, les pots de vin pour accéder au marché public, les ristournes, etc ; c'est la nouvelle méthode. Tout le pouvoir est aux affaires.
Pour que la méthode tienne, il faut trouver les moyens de satisfaire beaucoup de monde. La solution : multiplier les institutions avec en clé des postes à pourvoir : une vice-présidence et un sénat avec des sénateurs et des haut-fonctionnaires aux postes administratifs. (La vice-présidence vise d'abord et avant tout à piéger les ambitieux dont on doute de leurs intentions).
La plus grande critique de ces nombreuses institutions est le coût financier. J'imagine les charges du sénat et de la vice-présidence entre 10 et 15 milliards par an (c'est juste mon estimation, non basée sur aucun élément). En 5 ans, il coûtera aux contribuables entre 50 et 75 milliards de nos francs.
Je pense que pour ADO qui a fait toute sa carrière à des postes où il a eu recourt aux indicateurs macro-économiques, le calcul est simple : le Plan National de Développement 2015 – 2020 prévoit 30 mille milliards d'investissement (dont 40 % par l’État). Que valent 75 milliards (soit 0.625 % sur la base 12 000 milliards d'investissement de l’État) si cela lui permet de se payer la paix et la stabilité !
C'est le propre de ceux qui regardent par le haut et par les chiffres. Nous pouvons vociférer, crier, il avancera, sauf cas d'imprévu. C'est ma compréhension, ce n'est pas ma vision. A chacun d'en faire la sienne.
L'Ivoirien nouveau doit d'abord naitre en chacun de nous
Depuis l’annonce du président Alassane Ouattara pour un « Ivoirien Nouveau » lors de la campagne électorale, les commentaires fusent de toute part ; aussi bien dans les salons feutrés que sur les places publiques, sur les médias sociaux, les journaux écrits et sur les radios et les chaines de télévision. Le site web « www.abidjan.net » y a même dédié sa rubrique « Focus » invitant « chaque babinaute à donner son opinion afin de dresser ensemble le portrait-robot de l’Ivoirien nouveau ». Cet appel est devenu le nouveau slogan de la classe politique du RHDP dont les membres s’évertuent à le répéter dans tous leurs discours. L’Ivoirien nouveau est décrit dans toutes ses dimensions, sous toutes ses formes. Ces quelques passages des internautes d’Abidjan.net donnent une idée de ce que devrait être ce nouvel ivoirien :
« Ne pas s’adonner aux concours payants, être ponctuel, être dépassionné de politique, être un travailleur, prôner l'égalité du genre., respecter son cadre de vie, avoir l'amour du travail bien fait, adopter le planning familial, respect les symboles de l'État, condamner les coups d’État, être un patriote, ne pas fumer dans les lieux publics, promouvoir la bonne gouvernance, respecter les lois et règlements, être patient et tolérant, respecter de l'environnement, être un bâtisseur, ne pratique pas le cumul de poste, être épris de paix, .prôner la justice et l'équité, être un Homme de parole...être instruit et cultivé, être fidèle, ne pas être corrompu, être former à un métier et éduquer, ne pas être un enfant microbe, être prudent et respecter le code de la route »
Bref, il doit être l’homme parfait. Comment doit-on parvenir à obtenir ce nouvel être ? Là encore de nombreuses idées flottent en l’air. Qui doit agir pour atteindre le résultat ? Presque tout le monde regarde vers une seule direction : le pouvoir exécutif. Il y a cependant un aspect qui n’apparaît presque nul part dans ce foisonnement d’idées : la responsabilité individuelle.
L’individu est le produit de la société dans laquelle il vit et la société est aussi la résultante de la manière de vivre de l’ensemble des individus qui la composent. Il y a une interaction entre l’individu et son environnement. La société est forgée par un ensemble de forces provenant de plusieurs sources, agissant dans plusieurs directions aussi bien convergentes que divergentes. L’Ivoirien d’aujourd’hui n’est, et celui de demain ne sera autre chose que le produit de notre société qui est aussi le reflet de nos cultures. Il en découle que l’Ivoirien nouveau sera le résultat des actions que mène chacune des personnes vivant en Côte d’Ivoire. Si les corrompus sont les plus actifs pour faire émerger cet nouvel Ivoirien, il sera plus corrompu qu’honnête. De même, si ce sont les politiciens qui le forgent, il sera à leur image : en quête d’argent, calculateur, manipulateur. Si ce sont les « serons » qui prédominent, l’Ivoirien nouveau s’occupera d’abord de ses parents, de sa tribu et de sa région sans égards des compétences, des règles économiques et des règles de gestion.
L’Ivoirien nouveau doit émerger dans nos propres consciences individuelles d’abord. Les dirigeants ne sont en réalité que le reflet de leur société. Par conséquent, l’Ivoirien d’aujourd’hui est le plus petit dénominateur commun de la société Ivoirienne. Il est donc un peu chacun de nous. S’il n’y a pas un changement en chacun de nous, personne, y compris le président de la République ne pourra créer cet Ivoirien nouveau, cet Ivoirien « parfait » dont tout le monde parle et souhaite sa naissance.
Pour l'avenement d'un Ivoirien nouveau (2è partie)
Pour bien combattre la corruption, il est important de bien comprendre les éléments qui l’alimentent et l’entretiennent. Nous allons tenter de le faire en nous référant à des recherches effectuées par le professeur Eric M. Uslaner, du Département des études politiques et gouvernementales de l’Université du Maryland–College Park, dans l'État du Maryland aux Etats-Unis . Ses travaux ont porté sur différents pays. Il a analysé l’incidence de plusieurs paramètres sur la corruption ; ce qui l’a amené aux conclusions suivantes :
- La corruption est un phénomène persistant ;
- les changements d’institutions ou de dirigeants ont un très faible impact sur la corruption ;
- Il existe une corrélation ente la répartition des richesses et la corruption en d’autres mots, l’inégalité favorise la corruption ;
- la confiance dans les institutions et la confiance entre les différentes communautés ont un impact sur la corruption ;
- La corruption est plus accentuée dans les pays pauvres ; cependant l’augmentation du produit intérieur brut n’entraîne pas pour autant un recul notable de celle-ci ;
- Les institutions fortes ne sont pas l’émanation des reformes constitutionnelles ou institutionnelles, mais sont le reflet de la culture de la société ;
- L’état de droit dépend du respect de la loi par les populations et non du nombre ou de la qualité des lois ou du nombre de cours de justice ou de la qualité du corps judiciaire.
Comme on le voit, la corruption est d’abord et avant tout un état d’esprit. Elle est une chaine auto-entretenue. Elle part d’une situation économique et sociale qui génère une culture : la culture de la corruption avec son vocabulaire, ses gestes, ses comportements. Cette culture à son tour inhibe toute les initiatives positives au profit de la communauté nationale et bloque toutes les tentatives de développement. Le manque de progrès économique accentue la pauvreté et les inégalités. Les inégalités augmentent le manque de confiance dans les institutions et envers les dirigeants et pérennisent la mentalité de la corruption. Ainsi la chaîne est bouclée et la corruption continue à tourner. Pour changer le fonctionnement d’un tel système auto-entretenu, il faut casser la chaine à un endroit en y introduisant de nouveaux éléments. C’est ce que les travaux ont essayé de faire ressortir à travers les cas de certains pays qui ont pu endiguer le phénomène. Ces exemples montrent que la Côte d’Ivoire peux en faire de même. Il suffit de le vouloir. Le combat contre la corruption a eu des résultats très positifs à Hong-Kong, Singapour et au Botswana. Par contre, ils l’ont été nettement moins au Mali, au Nigeria et en Roumanie. Les leçons retenues à l’analyse de ces cas se résument en ces points :
- La lutte contre la corruption est un travail permanent dont le succès ne peut s’obtenir que dans la durée ;
- Ni le multipartisme, ni les élections ne constituent la clé, si celles-ci ne respectent pas certaines conditions ;
- La lutte contre la corruption est accomplie par des organisations indépendantes dotées de pouvoirs forts et de moyens appropriés, travaillant dans une transparence totale, gage de la confiance de la population envers elles ;
- La lutte nécessite la sensibilisation avant la répression et doit se reposer sur des dirigeants modèles.
Quels sont les éléments qui ont permis le succès dans certains pays ? Les autorités politiques de Hong-Kong , suite à plusieurs scandales, sont arrivées à la conclusion que le niveau de corruption dans leur pays était devenu intolérable et ont alors engagé un combat frontal. Elles ont crée un instrument, la « commission indépendante contre la corruption » (Independent Commission Against Corruption) pour conduire la bataille. Ses premières actions ont consisté à lancer une vaste campagne à l’endroit de toutes les couches de la population; à cet effet, elle a élaboré un programme qui a été inclus dans le cursus scolaire, du primaire au supérieur. Dotée de moyens importants, elle est libre d’entreprendre toute enquête et de poursuivre toute personne. Mais la plus importante partie de son travail a été focalisée sur la sensibilisation en mettant dans la conscience collective les effets néfastes de la corruption sur l’économie et de façon plus générale sur les intérêts du pays. Avec la volonté politique qui a soutenu ce travail, il a été ensuite aisé d’obtenir le soutien de la population. Le « Corrupt Practices Investigation Bureau » a Singapour est le bras armé des autorités de ce pays pour la lutte contre la corruption. Hong-Kong et Singapour étaient dans les années 60 parmi les états les plus corrompus au monde. Ils occupent respectivement les 17è et 7è place dans le rapport 2014 de Transparency International.
Pour obtenir un « Ivoirien Nouveau », il est vital et indispensable de hisser la corruption au niveau le plus élevé des priorités en Côte d’ivoire. La corruption n’est pas une fatalité. Elle est le reflet de la culture de notre société et pour la combattre, nous devons travailler sur cette conscience collective. Et cela ne peut advenir qu’avec un travail collectif incluant toute la composante de l’Etat, la société civile et les médias. La Haute autorité pour la Bonne gouvernance mise en place ne peut réussir seule cette mission. Le travail doit s’appuyer sur des hommes et femmes intègres eux-mêmes et véritablement engagés dans un travail qui ressemble à un sacerdoce. Et cela est possible. Oui, il existe bel et bien dans notre pays des hommes et des femmes qui ont encore une conscience aigüe de l’honnêteté et de l’intégrité et qui sont prêts à aider notre pays à sortir du cercle de la misère. Il suffit d’avoir une réelle volonté au sommet de l'État pour les mettre en mouvement.
Différence entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo
Gbagbo a accédé au pouvoir dans des conditions calamiteuses, avec des centaines de corps gisant dans les rues. Il avait pour soutien toute la communauté internationale qui se réjouissait du départ de l’armée. La France du premier ministre socialiste Jospin était à ses côtés. Il avait le soutien d’une frange très importante des Ivoiriens qui espéraient la fin de l’anarchie qui prevalait et permettrait l’avènement d’une vraie démocratie en Côte d’Ivoire.
Il avait aussi ses ennemis à commencer par les partisans du général Guéi qu’il venait d’évincer du pouvoir, les militants du RDR qui ont subi le courroux de ses partisans pour avoir osé réclamé dans la rue, l’annulation de l’élection présidentielle et l’organisation d’une nouvelle à laquelle leur candidat Alassane Ouattara pourrait participer.
Il y avait ceux qui observaient : certains des jeunes putschistes qui ont fui les exactions et se sont exilés au Burkina voisin. Ils attendaient des garanties pour retourner dans leur pays. Il y avait les ressortissants des régions du nord de la Côte d’Ivoire qui se sentaient humiliés et exclus avec la politique d’ivoirité et qui attendaient que le nouveau pouvoir tourne définitivement le dos à cette politique. Il y avait la France et plusieurs opérateurs Français qui attendaient la nouvelle politique économique et financière.
Qu’a fait Laurent Gbagbo et son régime ? Ils ont simplement ignoré tout le monde, amis comme ennemis et comme un taureau, ont foncé tout droit dans leur refondation. Ils n’ont pas pu entendre les récriminations des intérêts Français, ni prêter attention aux signaux de Blaise Compaoré ; ils étaient sûrs d’eux, l’armée est aux gardes, les jeunes patriotes sont dans la rue, rien ne peut arriver. N’ayant pas pu prévoir la rébellion, ils n’ont pu la prévenir et ont été incapables de la mater.
Aujourd’hui, le mentor est à la Haye sans ses épouses dont une est quelque part en Côte d’Ivoire et l’autre quelque part dans le monde. Boga Doudou est au cimetière avec des milliers d’autres Ivoiriens et non Ivoiriens ; certains partisans de Gbagbo errent au Ghana, d’autres se tournent les méninges en Côte d’Ivoire pour savoir ce qu’il faut faire. En 10 ans, presqu’aucune réalisation n’a pu être rélisée, un bilan véritablement négatif.
Alassane arrive au pouvoir dans des conditions calamiteuses enfourchant des milliers de corps jonchant les rues d’Abidjan et alentour, de l’Ouest pour ne citer ces zones. Il a des amis et des ennemis. Ses partisans sont euphoriques avec la fin de presque 20 ans de souffrance. La communauté internationale est aux anges, pour une fois le « machin » (ONU) a réussi à imposer sa décision. La France de Sarkozy est aux anges, la paix et la stabilité peuvent revenir en Côte d’Ivoire. La très grande majorité des Ivoiriens sont ravis par la fin d’une situation qui était devenue intenable. Il y avait aussi les ennemis : les miliciens et jeunes patriotes qui pullulaient partout, les militants du parti du président déchu Laurent Gbagbo. Il y avait ceux qui, bien que partie prenante regardaient attentivement le partage du butin : les dozos, les rebelles et tous leurs supplétifs, les partis ayant soutenu sa candidature. Il y avait aussi bien sûr les intérêts économiques et politiques Français
Qu’a fait Alassane ? Il a d’abord identifié les forces et les faiblesses des partisans et des adversaires, évitant de foncer comme une bête enragée. Il s’est occupé à stabiliser les forces de sécurité, donner des gages à ses partenaires, collaborer avec ceux des fonctionnaires qui ont accepté de se mettre à la disposition de l’Etat, éloigner dans des prisons ou des centres de résidence surveillée les irréductibles qui présentaient un danger pour la paix et la sécurité, surveiller les exilés en relation étroite avec les pays d’accueil. Bref, il a fait sien la célèbre citation du président Houphouët selon laquelle la politique est la saine appréciation des réalités.
Il est toujours au pouvoir et va facilement gagner les élections. Il n’a pas résolu tous les problèmes, mais il a pu remettre la Côte d’Ivoire sur les rails. La Côte d’Ivoire résoudra ses profondes contradictions internes lorsque les institutions seront suffisamment fortes et stables, ce à quoi, j’espère bien, il s’attèlera lors de son deuxième mandat.
Cette présentation met en évidence la qualité de leadership de l’un et de l’autre. Un leader est celui qui peut prévoir, prévenir et faire face à l’imprévu. L’un a foncé tête basse avec ses convictions sans tenir compte des réalités et est rentré dans le mur. L’autre, fait sien de tout son environnement national et international, ce qui lui permet d’avancer prudemment, mais sûrement.
Abahebou Kamagate
Pour une numériastion des transactions financières
S’il y a une chose qui m’écoeure et que je n’arrive pas à comprendre, c’est le problème de monnaie en Côte d’Ivoire. C’est un casse-tête permanent pour tous les Ivoiriens. Prendre un véhicule de transport en commun, effectuer un achat dans la boutique du quartier, faire ses emplettes dans les grands centres commerciaux, payer son ticket de parking à l’aéroport, c’est toujours la même chanson que l’on entend : pas de monnaie. Le pire, ce sont les banques. Eh oui ! Même les banques n’ont ni les pièces, ni les coupures de moins de 5000fcfa. Dans les cours que j’ai eu en finances, on m’a expliqué que la banque centrale détermine la quantité de billet à mettre en circulation sur la base des besoins de l’économie, les fabrique et les met à la disposition des banques commerciales qui à leur tour les rendent disponible à la population. Est-ce possible qu’il n’y ait pas d’économistes compétents dans la première économie de l’UEMOA pour estimer les besoins en monnaie ? Comment se fait-il que la BCEAO ne puisse pas régler ce phénomène qui persiste depuis si longtemps? A qui profite le manque de monnaie ? Sûrement pas à la population.
Si tant est que cette situation est difficile à résoudre, ne serait-elle pas une opportunité pour tourner résolument vers une solution sans argent physique ou à tout le moins le moins possible? Au fait, pourquoi les autorités financières ne prôneraient-elles pas au plan national et même au sein de l’espace UEMOA, la promotion d’une solution de numérisation des transactions ? Les technologies de l’information et des télécommunications offrent des solutions et sont une aubaine et une opportunité à saisir. En effet, avec les solutions de transactions financières par les téléphones mobiles, sur internet et avec les cartes à puces, il existe toute une panoplie de moyens adaptés aux différents besoins. Pour les opérations de tous les jours, la solution mobile est un moyen très approprié. Le téléphone mobile est présent dans toute la Côte d’Ivoire, des quartiers précaires d’Abidjan aux campements les plus reculés. Cela est un très grand avantage qu’il faut exploiter. Vivement que tous les acteurs du système financier y croient. La monnaie électronique est très possible et requiert simplement une bonne volonté en prenant certaines dispositions et mesures afin qu’elle rentre véritablement dans les meurs.
Le premier obstacle est la méfiance ; pour le lever, il faut créer un environnement de confiance pour rassurer tous les utilisateurs en mettant en place un cadre réglementaire qui garantisse les transactions et offre un moyen de gestion des réclamations et des conflits à l’instar de ce qui existe déjà au niveau des transactions bancaires classiques. Le deuxième obstacle est l’impossibilité de faire des opérations inter-opérateur. En effet, il est impossible de transférer de l’argent par exemple d’un compte Orange Money vers MTN Mobile Money et vice-versa. Il est indispensable de permettre ce type de transaction.En outre, un usage courant requiert un moyen de traçabilité des transactions, la possibilité d’avoir un relevé, de donner une description à la transaction, ce qui facilitera une meilleure compréhension et surtout leur comptabilisation.
Il est temps, grand temps d’aller vers le 21è siècle, il est temps de sortir de cette situation inconfortable qui fait perdre régulièrement des ventes à des opérateurs économiques et de l’argent à la population (c’est tellement fréquent de laisser à la caisse le change de 25, 50 ou plus faute dit-on de monnaie ; Il m’est arrivé à plusieurs occasions de renoncer à un achat simplement parce que le commerçant dit qu’il n’a pas de monnaie) . La monnaie électronique est à nos portes, tirons-en profit.
Par Abahebou Kamagate Ingénieur à la retraite Veuillez visiter Mon Blog kamabah.blogspot.com pour voir d'autres billetsConfusion entre l'Etat et les partis politiques : cas des visites d'Etat en Côte d'Ivoire
Il y a quelques semaines, le président de la République de Côte d’Ivoire effectuait une visite d’Etat dans les régions de l’Agneby-Tiassia (départements d’Agbovile et de Tiassale) et de la Me (départements d’Adzopé, d’Akoupé et d’Alépé). Cette visite a connu un immense succès populaire. Les journaux et analystes proches du Rassemblement des Houphouetistes ont estimé que cette mobilisation massive est la démonstration d’un virage politique des populations de ces régions. Pour eux, c’est un signe de réalignement politique et un démenti formel à l’idée que ces zones soient des bastions du FPI. Loin de moi l’idée de nier cette manière de voir, je voudrais simplement déplorer cette attitude de confondre l’institution et l’individu qui l’incarne, la République et les partis politiques, les intérêts nationaux et les intérêts partisans. Bref, c’est cette incapacité à faire la différence entre le privé et le public qui pose problème.
Le président Alassane Ouattara a effectué une visite financée par l’argent de tous les contribuables. Il n’a pas été reçu ni en tant que président ou candidat du RDR, ni comme président du RHDP, mais en sa qualité de Président de la République, chef de l’Etat. Recevoir le président de la République non seulement c’est honorer l’institution qu’est la présidence, mais aussi et surtout c’est faire preuve de civisme. Il est vrai que l’individu qui incarne la fonction peut susciter un engouement qui soit conforme à sa propre popularité; il faut cependant éviter de tomber dans l’amalgame. Ce d’autant que ce type d’interprétation empêche ceux et celles qui ont un autre point de vue de se comporter en citoyens de peur de se faire accuser de vendus ou de malhonnêtes. C’est ce type d’interprétation qui est une des sources des crises électorales que nous connaissons trop souvent parce que les résultats sortis des urnes sont trop différents de la conclusion tirée par les états-majors à l’occasion de ce genre de visite ou d’activités des représentants de l’Etat. L’ex président Gbagbo, pour avoir cru à ces mêmes scènes d’accueil populaire a été facilement convaincu que les résultats de l’élection présidentielle de 2010 dans les régions du Nord ne pouvaient être crédibles. La suite on la connait.
La République et les populations Ivoiriennes seront mieux servies par les médias et les politiciens en évitant ces lectures pernicieuses, aux conséquences dangereuses pour la cohésion et la paix.
Par Abahebou KAMAGATE ingénieur à la retraite
Le danger qui guette le régime du président Ouattara
La Côte d'Ivoire a vécu des moments très tumultueux, atteignant le summum lors de ce qu'on a appelé la crise post-électorale. Comme on dit, « à quelque chose malheur est bon », les Ivoiriens ont pu voir à l’œuvre successivement les principaux acteurs politiques de la fin du régime de Félix Hopuhouet Boigny :
- le président de l'Assemblée Nationale et successeur constitutionnel à la présidence de la République, Henri Konan Bédié
- le premier Ministre, Alassane Dramane Ouattara
- le principal chef de l'opposition politique Laurent, Koudou Gbagbo
- le chef d’État Major des forces armées nationales, le Général Robert Guéi
Certes de nouveaux acteurs sont apparus, issus essentiellement du monde estudiantin forgé par la Fédération Estudiantine et Scolaire de Cote d'Ivoire (FESCI), Guillaume Kigbafori Soro et Blé Goudé pour ne citer que ces deux-là. Chacun des acteurs, dans des circonstances particulières, a montré ce qu'il pouvait faire pour la Côte d'Ivoire. A ce stade, je voudrais souligner un point important : un leader est celui qui sait prévoir, prévenir et faire face à l'imprévu. Celui qui ne peut accomplir ces trois missions ne mérite pas d'être leader. Un petit regard sur les acteurs pour nous situer.
M. Bédié n'a pu comprendre quel pouvait être les effets d'une tribalisation de la gestion de l’État et n'a pu anticiper ses conséquences qui l'ont emporté.
Le Général Guei n'a pas compris l'environnement politique que lui a légué le coup d’État. Il s'est fourvoyé et cela lui aura coûté son pouvoir et sa vie.
M. Gbagbo, quant à lui, obnubilé par sa volonté de refondre la Côte d'Ivoire à sa vision ethno-régionale, n'a pas compris que plus d'un siècle après la colonisation et plus de 50 ans après l'indépendance, la Côte d'Ivoire n'est pas un territoire peuplé uniquement par des gens issus des tribus dites « de souche ».
M. Ouattara est au pouvoir, il s'attelle à la reconstruction économique ; prendra-t-il en compte toute la complexité de la Côte d'Ivoire ? Seul l'avenir nous le dira.
A ce stade de notre aventure en tant que communauté d'un même Etat, chacun d'entre nous peut tirer les conclusions de ce que notre pays a vécu dans son histoire récente. Pour moi, je retiens simplement que nous avons reculé sur beaucoup de plans, la sécurité étant la plus importante. Aujourd'hui, je crois sincèrement que la priorité des priorités doit être l'avènement d'un environnement dans lequel les personnes vivant dans notre pays peuvent se sentir en sécurité. En analysant ce passé récent et en jetant un regard sur ce qui se passe aujourd'hui, il me semble important que les acteurs politiques assument au minimum leur responsabilité historique. C'est pour cette raison que je voudrais lancer cet appel
La Côte d'Ivoire a basculé dans ses périodes sombres parce que les différents régimes qui ont succédé à celui du président Houphouët n'ont pas fait l'effort de comprendre les réalités socio-économiques de leur temps ; ils ont confondu leurs fantasmes et leurs idéologies avec ce qu'est la réalité de la Côte d'Ivoire.
Mon appel du cœur est que nous ne revivions plus ces moments douloureux et pour cela, il est vital et indispensable qu'un environnement un peu plus stabilisé et assaini soit créé pour permettre une activité politique qui ne soit vecteur de guerre.
Depuis la fin de la crise post-électorale et l'accession au pouvoir du régime RHDP, j'ai lu et écouté plusieurs déclarations des membres de l'opposition politique issus du Front Populaire Ivoirien (FPI) et des organisations qui lui sont proches. Ce qui me frappe, c'est que personne parmi eux n’accepte ne serait-ce qu'un minimum de responsabilité dans toutes les atrocités que le pays a connu ; tout est la faute des autres. Et le plus triste, c’est cette incapacité des intellectuels à faire une analyse critique de l’échec de la politique de refondation. Oui, la rébellion y est pour quelque chose, mais ne s’arrêter qu’à ça, ressemble à une myopie politique ou tout simplement à une malhonnêteté. Quand au pouvoir en place, le danger qui le guette est le manque de signe tangible de lutte contre la mauvaise gouvernance. Certes des annonces sont faites, des institutions mise en place, mais rien de concret pour clairement indiquer une ferme volonté politique. La jeunesse est aux aguets et n’importe quel aventurier talentueux peut s’infiltrer dans cette brèche et les mobiliser. Alors, il faut éviter les mêmes erreurs que les régimes précédents, ne pas comprendre la réalité de la société et se faire surprendre par la rue.
Les frondeurs du PDCI sont-ils les vrais gardiens du temple PDCI-RDA?
Le philosophe et politicien Français Roger Garaudy a écrit dans son livre « biographie du XXème siècle », citant Jean Jaurès,
« que rester fidèle, c'est transmettre du foyer des ancêtres, non la cendre, mais la flamme, et que c'est en allant vers la mer qu'un fleuve est fidèle à sa source ».
Tous ceux qui se réclament de l'Houphouetisme devraient méditer cette pensée. Au moment de la disparition du président Houphouet Boigny en 1993, le pays était géré par quatre personnalités qui incarnaient les institutions dont elles avaient la charge ;
- Henri Konan Bédié, président de l'assemblée nationale, successeur constitutionnel à la présidence de la République
- Allassane Dramane Ouattara, premier Ministre assurant l'intérim de la présidence lors de la longue indisponibilité pour cause de maladie du président
- Laurent Dona Fologo, secrétaire Général du PDCI-RDA, parti unique de fait
- Général Guei Robert, chef d'état-major des Forces Armées Nationales de Cote d'Ivoire
Ces personnalités se sont battues pour récupérer l'héritage du chef. Pour paraphraser cette récitation apprise à l'école primaire « pour un âne volé, deux voleurs se battaient ;….. arrive un troisième larron qui saisit maitre Aliboron » . je dirait que pour un pouvoir vacant, deux héritiers se battaient; et arrive un troisième larron qui se saisit du fauteuil présidentiel et s'assied là-dessus fermement ». Aujourd'hui, plus de 20 ans après, de nouveaux héritiers apparaissent et se présentent comme les vrais gardiens du temple, ceux à qui il incombe de protéger la maison sacrée; ainsi, des voix s'élèvent pour placarder l'actuel président du PDCI en l’accusant de haute trahison, suite à ce que les médias ont pompeusement baptisé « l'appel de Daoukro » dans lequel celui-ci demande à son parti de soutenir une candidature unique RHDP à la prochaine élection présidentielle.
Hors du sérail des partis politiques, quand j'analyse toute cette frénésie (probablement plus médiatique que réelle), je vois toute la laideur et l'hypocrisie de la politique. Les politiciens ne défendent que leurs intérêts personnels ponctués par de gros égos et des ambitions parfois démesurées. Dans ce tohu-bohu, je me suis posé la question de savoir ce que voudrait dire être Houphouetiste ?En effet, que devrait dire être Houphouetiste ? A mon sens, c'est adhérer à «la chanson d'Houphouet », à savoir la paix, celle d'abord entre les frères et sœurs. Houphouet disait qu'il est « possible de corriger une injustice, mais pas un désordre ». Qui sont ceux qui semblent suivre mieux cette philosophie entre les pros et les anti appels de Daoukro ? Le président ajoutait aussi que la politique est la vraie appréciation de la réalité. Force est de constater que cette réalité dans la Côte d'Ivoire d’aujourd’hui, c’est d’abord l’ordre après cette décennie perdue qui l’a laissé dans un état de convalescence avancée nécessitant des soins appropriés. Par conséquent, toute la lutte politique devrait viser en premier l’avènement d’une Côte d’Ivoire dotée de barrières contre le retour du désordre. Et pour cela il faut un minimum de compromis entre les acteurs politiques pour créer un environnement de paix et de calme politique préalable à tout développement socio-économique. Bien sûr, ordre ne veut pas dire dictature.
Houphouet s'était fait une vocation à réconcilier ceux qui s'étaient divisés. Après les querelles qui ont entraîné le départ de plusieurs des militants du PDCI-RDA après sa mort pour créer d'autres partis, être Houphouetiste aujourd'hui et continuer l’œuvre, ce serait d'abord de ramener les fils partis vers d'autres cieux vers l'idéal commun. Cela permettrait de mettre ensemble leurs forces intellectuelles et financières pour continuer l’oeuvre de construction de la Côte d’Ivoire. En conséquence, ceux qui jettent l'opprobre sur Bédié devraient avoir pour ambition principale de faire du RHDP l'outil qui poursuit le combat entamé par Houphouet. Le nom que porte un outil n'est pas le plus important, c'est ce qu'on fait avec qui est primordial. Bédié et Ouattara ont su et pu enterrer leur hache de guerre, enterrer ce passé pas si lointain qui a fait basculer la Côte d'Ivoire dans le chaos, pour oeuvrer ensemble avec un seul objectif (c'est ce que je crois): permettre à la Côte d'Ivoire d'aller de l'avant. Pour cette raison, je pense qu’ils sont plus fidèles aux idéaux d'Houphoeut Boigny que tous ceux qui s'activent actuellement en prétendant défendre l'héritage du fondateur du PDCI-RDA.
Si ceux qui se présentent comme les « gardiens du temple PDCI-RDA » veulent le faire pour respecter l'héritage d'Houphouet, s'ils le font sincèrement, leur première tâche devrait être de travailler à réunifier la famille et y ramener la paix et l’ordre. Cela leur commande de faire revenir tous ceux qui l'ont abandonné : à savoir les quatre acteurs et leurs fidèles. Si cela nécessite de changer le nom du PDCI-RDA pour continuer l'oeuvre, pourquoi ne pas le faire, ce sera simplement l'affirmation de sa continuation, l’abandon de soi pour le bien commun. Oui, quand un père lègue un champ, on ne se contente pas d’en récolter les fruits, on peut le moderniser, l'étendre ; bref, l'adapter aux conditions de son époque. Etre Houphouetiste, c'est avant tout rester fidèle aux principes et aux objectifs du président Houphouet à savoir : la paix dans l'unité et la fraternité. Je crois que le nom que porte un parti politique n’est pas une fin en soi. Ceux qui veulent défendre le nom PDCI comme un objectif manquent l’essentiel. A quoi sert le PDCI ? C’est cela l’important. Le maintenir en l’état répond-il aux exigences de l’heure ? Telle devrait être la question à laquelle les Houphouetistes devraient répondre. De l’extérieur de la famille Houphouetiste, il me semble que la meilleure voie pour renouer avec les idéaux de 1946, date de la création du PDCI, devrait être de rebaptiser le PDCI-RDA pour l’adapter aux contingences de l’heure; une bonne idée serait simplement d’insérer le nom Houphouet dans la nouvelle dénomination, ceci permettrait non seulement d'immortaliser et continuer son œuvre, mais aussi de ramener dans la maison commune tous les fils et filles pour le bonheur d’une Côte d’Ivoire apaisée.
Par Abahebou Kamagate
Le PDCI-RDR
Comme tout changement, cela ne fera pas sans grincement. Nous en parlerons dans notre prochain post.
